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Notre association Trait d’Union (loi 1901) et ce blog regroupent de simples administrés partageant une volonté commune : s’impliquer dans la vie de la cité et du plateau matheysin . Considérant que la politique et la démocratie ne sont pas seulement l’affaire des élus, par simple délégation électorale de pouvoir, mais aussi celles des citoyens, nous entendons suivre les décisions prises dans les instances communales officielles.

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LA GRANDE BRADERIE LIBERALE

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Ce n’est plus un secret soigneusement gardé, le bâtiment de la poste muroise, avenue Dr Tagnard, est à vendre pour 325 000 euros. Ses 250 m2 de locaux et parking sont donc  livrés à tout investisseur susceptible d’être alléché par la bonne affaire. Lequel recevra de la Poste, dans le cadre d’un bail locatif de trois ans reconductible, un loyer mensuel de quelque 2000 euros pour le rez-de-chaussée où sont désormais regroupés les services après rénovation (200 000 euros de travaux payés par les usagers). Le reste du bâtiment étant laissé au libre usage et profit de l’acheteur. Une deuxième étape, après le transfert des facteurs au centre de tri, sur la zone industrielle…

Pas de quoi s’inquiéter pour l’avenir, affirme le directeur. Pas sûr : la Poste brade son patrimoine immobilier national pour des raisons comptables. Elle tend à réduire ses coûts de fonctionnement et ses services jugés non rentables, pour privilégier son secteur bancaire. Ce qu’atteste l’organisation même des locaux murois flambant neufs : au centre, les opérations bancaires et, sur les bas côtés, le service courrier et colis réduit à la portion congrue, avec un strict minimum de personnel et un maximum d’automates que les usagers sont instamment priés d’utiliser eux-mêmes La banque avant tout, en somme. Le bureau murois accueille près de 300 usagers par jour et la Banque Postale (société anonyme, filiale du groupe la Poste) compte quelque 6000 "clients".


De libéralisation en privatisation


Réduction et précarisation des personnels, restructurations avec suppression de 10 000 postes par an, abandon des bureaux en milieu rural remplacés par des agences à la charge des communes pour assurer un service minimum: la Poste poursuit sa politique de libéralisation du secteur courrier. Depuis le 1er janvier 2011, les activités courrier sont totalement ouvertes à la concurrence. Cette réforme, adoptée par l’Assemblée nationale en janvier 2010 suivant les exigences de la Commission européenne, a  marqué la fin du monopole de l’entreprise sur la distribution des plis de correspondance.

Mediapost, une des filiales de la Poste, a été récemment autorisée à distribuer des lettres par l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP). De source syndicale, le tableau social est particulièrement accablant à Mediapost: la moitié de ses 11 000 salariés est à temps partiel pour la distribution du courrier, parmi lesquels des retraités et étudiants cherchant à arrondir leurs fins de mois, qui croulent sous le volume du travail et font les tournées avec leurs voitures personnelles!

Une nouvelle restructuration nationale est prévue: il y donc fort à craindre pour le devenir des 26 tournées du plateau matheysin, leurs facteurs, l’ensemble des postiers et donc des usagers..  

La Poste est devenue une société anonyme en 2010. L’Etat français y est actionnaire à 100%. Elle se doit donc de remplir encore sa mission de service public payée par les contribuables, répondre aux besoins des populations, et non pas à la politique du chiffre et  à la loi du marché défendues  par les tenants de l’économie libérale. Lesquels espèrent bien privatiser la Poste totalement. Rares sont les postiers qui relèvent aujourd’hui de l’ancien statut de fonctionnaires. Plusieurs suicides liés aux conditions de travail ont d’ailleurs été dénoncés par les organisations syndicales, comme à France Télécom privatisée, ou en milieu policier.

Même logique libérale déplorable du côte des barrages EDF installés sur le Drac : conformément aux directives européennes toujours, plusieurs d’entre eux doivent bientôt être ouverts à la concurrence internationale. De libéralisation en privatisation, jusqu’où ira-t-on ?  Dira-t-on aussi un jour que l’hôpital de la Mure n’a plus de raison d'être un établissement public ?

Exploitants agricoles en situation de survie, petits commerces en difficulté face à la domination des  grandes surfaces, maisons à vendre, fermetures d’usines: La Mure est déjà en voie de paupérisation et tend à devenir une ville dortoir, faute d’industries et d’emplois, notamment. Ses quelques services publics seront-ils, en plus, bradés au détriment des besoins de ses habitants, pour le plus grand profit des marchands et  investisseurs privés ? Si tel était le cas, le plateau matheysin pourrait bien devenir un musée sans vie pour touristes de passage, s’ils y trouvent encore quelques attraits …

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