Notre association Trait d’Union (loi 1901) et ce blog regroupent de simples administrés partageant une volonté commune : s’impliquer dans la vie de la cité et du plateau matheysin . Considérant que la politique et la démocratie ne sont pas seulement l’affaire des élus, par simple délégation électorale de pouvoir, mais aussi celles des citoyens, nous entendons suivre les décisions prises dans les instances communales officielles.
Les 12 caméras auront bientôt pignon sur rue aux quatre coins de la cité: à la mairie, aux Capucins, à l’église, au théâtre et au stade Zewulko. Elles filmeront la ville en permanence. Coût de l’investissement : près de 146 000 euros avec environ 50% de subventions de l’Etat. La société Nextira One a remporté le marché. Elle est présente dans 17 pays européens et enregistré un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros en 2008
Le maire a confirmé cette implantation le 11 avril, lors d’une réunion réservée aux seuls riverains de ces équipements. Avant même le vote favorable unanime du conseil municipal dès 2009, le sujet aurait mérité un débat public, une authentique concertation préalable avec l’’ensemble des administrés et contribuables qui paient déjà des impôts notamment pour leur sécurité. A relever qu’à La Mure, la police communale a été réduite de 4 à 3 agents.
Cette réunion se tenait en présence du comité d’éthique, instance morale composée de 9 membres soigneusement choisis par le maire et censée veiller au respect des libertés individuelles consigné dans une charte.
Notre association Trait d’Union maintient ses positions. Ces caméras enrichissent incontestablement les sociétés privées qui les commercialisent, alors même que l’Etat réduit drastiquement les effectifs et les moyens nécessaires au bon fonctionnement de la police, de l’éducation et de la justice. Mais elles ne mettront pas un terme à la délinquance. Ce que prouve l’expérience anglaise, de l’aveu même des pouvoirs publics qui tendent aujourd’hui à renoncer aux caméras, après en avoir mis partout.
Les délits, au regard de leurs causes multiples, sont devenus le lot commun, en France et ailleurs. Ils s’accroissent à la faveur de la crise et de la pauvreté mondiale galopante. Ils doivent d’abord être considérés de façon préventive. Sans exclure la répression nécessaire à la garantie de la sécurité pour tous, principe et droit républicains.
En outre, nous émettons les plus grandes réserves sur le respect des libertés tant individuelles que collectives, et sur le contrepoids du fameux comité d’éthique, face aux exigences de visionner, garder et utiliser les bandes vidéos qui émaneraient notamment du maire, du préfet, du Ministre de l’Intérieur ou de l’Armée.
Souci fondé, si l’on ajoute le vote récent au Parlement de la loi LOPSI II (2e loi sur la Sécurité Intérieure). Cette loi, à l’initiative de l’UMP, contient entre autres articles liberticides: le suivi et contrôle des mails des internautes sous couvert de lutte contre la pédophilie (avec la collaboration des opérateurs de téléphonie mobile) ; le statut d’officiers de police judiciaire pour les policiers municipaux dans certaines communes ; le droit pour les préfectures de filmer les manifestations sur la voie publique; le croisement par la police de tous les fichiers informatiques.
A l’heure où bon nombre de communes françaises sont placées sous vidéo surveillance, où les tenants de l’ordre d’extrême droite ont le vent en poupe, on peut légitimement redouter et s’interroger sur l’usage qui pourrait être fait de ces caméras dans le cadre d’un Etat autoritaire. On frémit à l’idée d'imaginer celui qu’en aurait fait le régime de Vichy.