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Notre association Trait d’Union (loi 1901) et ce blog regroupent de simples administrés partageant une volonté commune : s’impliquer dans la vie de la cité et du plateau matheysin . Considérant que la politique et la démocratie ne sont pas seulement l’affaire des élus, par simple délégation électorale de pouvoir, mais aussi celles des citoyens, nous entendons suivre les décisions prises dans les instances communales officielles.

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EXTENSION DE LA ZONE COMMERCIALE : POUR LE GRAND BIEN DES POPULATIONS ?

Le 9 décembre 2009, le conseil municipal a voté à l’unanimité la vente d’un terrain de plus d’un hectare sur la zone industrielle des Marais à la société PGS, pour une extension de la zone commerciale. Les bâtiments, en cours de construction, accueilleront quatre commerces de grandes enseignes pour vêtements, chaussures, articles de sport, jouets et puériculture sur 3873 m². Nom de ces enseignes ? Pas de réponse officielle. Une affaire d’importance économique, se félicite le maire, en insistant sur les créations d’emplois, l’arrêt de l’évasion commerciale vers Grenoble et les recettes fiscales pour la commune. Un peu vite conclu pour un dossier qui n’a fait l’objet d’aucun débat public transparent et mérite plus ample attention.

Rappel et chronologie des faits

- Après une première décision favorable du conseil municipal le 4 décembre 2007, un compromis de vente du terrain est primitivement signé avec la société PGS. Cette société civile immobilière a pour activités la location de terrains et autres biens immobiliers. Elle a pour gérants : Franck Perron, dirigeant de sociétés immobilières, Jacques Galvin, directeur de Bricomarché et Patrice Soulage, directeur d’Intermarché. Prix de vente fixé pour une superficie de 13 951 m² : 558 040 euros (40 euros le m²). Jugeant cette somme trop élevée, PGS demande à être dispensée de taxe locale d’équipement.

- Puis le dossier reste bloqué, suite notamment à l’arrêté préfectoral du 16 juillet 2007, mettant en demeure de construire la station d’épuration intercommunale. Au nom de la salubrité publique, le préfet de l’Isère demande une restriction des permis de construire sur la commune, sauf pour les maisons individuelles, tant que la station ne sera pas édifiée. A ce titre, il s’oppose, par un recours gracieux, au permis de construire accordé par le maire de La Mure à la société PGS.

- Nouvelles donnes fin 2009 : le préfet décide de ne pas donner suite à ce recours. Nouveau passage du dossier devant le conseil municipal le
9 décembre 2009. L’exonération de taxe locale d’équipement réclamée par PGS s’avérant juridiquement impossible, le conseil vote finalement la vente du terrain à 30 euros le m² (418 530 euros, avec paiement en plus de la taxe locale d’équipement). Soit une baisse de près de 140 000 euros sur le prix de vente initial.

Les habitants du plateau, dans leur majorité, n’échappent pas à la crise sociale et économique engendrée par les choix politiques libéraux. En proie à des problèmes d’emploi et de revenus, ils ne désapprouvent sans doute pas l’arrivée de nouvelles grandes enseignes. Certes. Mais cette adhésion générale supposée n’interdit pas de s’interroger sur l’avenir de la ville.

LA MURE VILLE MORTE ?

Le petit commerce murois de proximité n’est à l’évidence pas florissant. Avec son accueil, ses articles et conseils à la vente spécifiques, il peut difficilement faire front aux prix affichés par les grandes enseignes. Ni concurrencer la tendance actuelle aux achats sur internet.

Mais socialement utile, favorisant les liens sociaux, il reste encore le garant du peu d’animation en centre-ville où les autres pôles d’intérêt (culturels, historiques, notamment) font défaut ou sont insuffisamment mis en valeur.

Devrait-il y avoir inexorablement un apartheid : d’un côté, les grandes surfaces en expansion, avec des produits souvent importés de pays où la main d’œuvre est à bas coût, et de l’autre, les commerces et l’artisanat traditionnels en perdition ?

La rue Calemard, entre autres, brille par le nombre de locaux commerciaux à vendre ne trouvant pas acquéreurs.

La relève des commerçants retraités est loin d’être assurée. La commission départementale d’équipement commercial a d’ailleurs souligné à plusieurs reprises le taux trop élevé de grandes surfaces sur le plateau matheysin, au regard  du nombre d’habitants et des normes règlementaires en vigueur dans I’Isère et au plan national.

Le marché de La Mure, de longue tradition, est un lieu marchand mais aussi d’échanges et de rencontres participant à la vie de la cité. Il enregistre également une baisse sensible de ses activités. Veut-on aussi accélérer son déclin par une concurrence de grandes enseignes intervenant parfois sur les mêmes créneaux que lui ?

Faisant fi de ces données et mises en garde, la municipalité muroise persiste et signe.

Veut-elle que La Mure devienne une ville morte et dortoir, peu attractive non seulement pour les touristes de passage dans l’artère centrale mais aussi pour sa population, les jeunes notamment ? Une ville désertée, promise à la paupérisation, avec des maisons à vendre et bradées à chaque coin de rue ?

ECOLOGIE ?

Est-ce vraiment la voie de l’avenir que de déporter toute l’activité commerciale sur une zone industrielle bétonnée et déshumanisée, qui ne rivalisera jamais avec l’attrait marchand de Grenoble? Une zone excentrée, de surcroît non desservie par les transports en commun et seulement accessible en voiture individuelle, avec frais d’essence à la clef ? Logique inappropriée à l’heure où même l’UMP, soudainement reconvertie aux vertus de l’écologie, traque les méfaits du CO2 ! A propos d’écologie, on peut noter que les futurs bâtiments commerciaux en cours de construction sont édifiés sur les ordures d’une ancienne décharge communale. Les odeurs se dégageant lors des premiers travaux de déblaiement fleuraient bon ce passé.

On est bien loin du Plan Local d’Urbanisme, adopté le 23 février 2010, qui prétend embellir La Mure, préserver son environnement rural et améliorer la qualité de vie de ses habitants…

EMPLOIS ET REDYNAMISATION ?

L’extension de la zone commerciale va créer des emplois, affirme le maire. A voir. 24 emplois à « équivalent temps plein » sont envisagés par la société PGS pour l’ensemble des 4 nouveaux commerces prévus. Pas de quoi régler durablement la question du chômage en Matheysine. Surtout si ces emplois s’avèrent à temps partiel et peu rémunérés, et si d’autres petits commerces murois sont conduits, progressivement, à fermer leurs portes.

Toutes les études réalisées en France, démontrent que la domination des grandes enseignes se traduit par une réduction globale du nombre d’emplois dans le secteur du commerce.

Quant aux recettes fiscales dont se réjouit d’avance le maire, il conviendrait de les analyser de plus près dans le contexte de suppression de la taxe professionnelle.

Comble de la contradiction : alors qu’il favorise le développement des grandes surfaces en périphérie de la commune, sur le modèle américain, le maire dit vouloir redynamiser le centre-ville et a vivement incité ses commerçants à coller sur leurs vitrines le logo-slogan « J’achète ici, mon pays vivra ! ».

QUELQUES CHIFFRES

Intermarché, Bricomarché et Netto font partie des enseignes appartenant au groupe international Mousquetaires qui affichait 34,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires fin 2008.

Le groupe Intermarché prévoit 100 millions d’euros de gains pour fin 2011, en réduisant notamment ses effectifs et ses coûts.

Fin 2008, Intermarché La Mure (47 salariés) déclarait un chiffre d’affaires de 18 393 964 euros.

Le chiffre d’affaires de Bricomarché La Mure (24 salariés) était de 2 798 225 euros. Celui de Netto/La Mure (9 salariés) de 3 983 774 euros.

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