Notre association Trait d’Union (loi 1901) et ce blog regroupent de simples administrés partageant une volonté commune : s’impliquer dans la vie de la cité et du plateau matheysin . Considérant que la politique et la démocratie ne sont pas seulement l’affaire des élus, par simple délégation électorale de pouvoir, mais aussi celles des citoyens, nous entendons suivre les décisions prises dans les instances communales officielles.
La population rassemblée, à l'évidence pas vraiment au complet, pour suivre les discours officiels retransmis sur écran TV à l'extérieur de l'Hôtel de ville.
Le 20 juin 2011, le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur ont été reçus par le maire de La Mure, avec tous les honneurs et médias requis pour ces deux hauts personnages de l’Etat sarkoziste. Courbettes, tapis rouge et poignées de mains pour l’inauguration de la nouvelle gendarmerie et de la médiathèque, avec visite solennelle des cités minières en voie de réhabilitation. Le bulletin municipal s’est largement fait l’écho, heure par heure, minute par minute de cette journée mondaine dite « historique », en oubliant délibérément quelques points fâcheux, bons à souligner. De l’art trompeur de la communication officielle…
Notre commune a décidé d’assumer le financement de la nouvelle gendarmerie, qui aurait dû être de la responsabilité de l’Etat. En échange de ce lourd investissement (9 millions d’euros HT), la ville percevra un loyer et deviendra à terme propriétaire des lieux. C’est bien le moins. Mais pour boucler le budget nécessaire, la ville a contracté un prêt bancaire pour 35 ans auprès du Crédit Agricole, de surcroît avec intérêts à taux variable. Type d'emprunts risqués que les collectivités locales ou les particuliers avisés s'efforcent de refuser ou de renégocier. Silence du bulletin municipal sur ce détail du plan de financement qui, par les temps boursiers qui courent, ne sera sans doute pas de nature à alléger la dette communale que la municipalité prétend réduire. De l’art de duper par omission et d’enrichir les banques qui spéculent sur les marchés financiers…
La médiathèque, dont s’enorgueillit Fabrice Marchiol comme s’il en était le créateur, n’est pas une initiative de la municipalité de la Mure mais de la Communauté de communes. La ville a contribué à son financement pour 14% et fourni le terrain. Les autres partenaires principaux, (Communauté de communes, Conseil général et Conseil régional) ont participé à 46% et l’Etat à 40%. De l’art de s’approprier les réalisations des autres …
Quant à la réhabilitation des cités minières, peut-on garantir que l’Etat en assure le financement annoncé ? De l’art de faire des promesses …
« Notre visite à la Mure illustre la politique de proximité de l’Etat » a proclamé François Fillon, en ouverture de son allocution. Proximité? Peut-être convient-il de rappeler à ce propos que la réforme des collectivités territoriales, programmée par le gouvernement Sarkozy, va favoriser la centralisation des décisions, en modifiant les structures existantes qui permettaient aux élus de terrain de répondre aux demandes et besoins des populations. Elle va aussi entériner la volonté de l’Etat de se décharger de ses responsabilités financières en faisant payer les collectivités locales, autrement dit et au bout du compte les administrés, qui paient déjà des impôts à l’Etat. De l’art de faire payer deux fois les simples citoyens, sauf les actionnaires des grosses multinationales et des entreprises du Cac 40, (46 milliards d’euros de profit au premier semestre 2011), grandes habituées des paradis fiscaux…
Enfin, sauf à ne pas savoir compter les Murois rassemblés devant l’Hôtel de ville pour voir l’arrivée de nos deux ministres ou suivre les grands discours retransmis à l’extérieur sur écran TV, cette vaste opération de promotion pré-électorale en faveur de Fabrice Marchiol et de l’UMP, sur fond de soutien et congratulations réciproques, est loin d’avoir attiré les foules et suscité une liesse populaire. A-t-elle réussi à redorer les blasons, à séduire les électeurs ? Les urnes le diront bientôt.